dimanche, 15 avril 2007
Ode à la mort
Quand sert ce temps qui court, à compter les regrets,
Les douleurs, amertumes, face au tracas des jours,
Je songe, encore perclus, de peines et revers,
Pourquoi vivre un moment de plus en cet humus ?
Mon énergie vaincue porte enfin sa défaite;
Mon pouls ne bat pour rien, tandis qu'un inconnu
M'attend ailleurs peut-etre.
Nul espoir d'entreprendre ! et mes projets, à sec
S'estompent, se dilatent, et se montrent abjects.
Mon coeur, absent de tout, rumine encore sa perte.
Qu'il est long le chemin, jusqu'au prochain printemps !
Un vacarme incessant s'esquinte dans ma tête.
Ai-je vécu si vieux pour ne voir que ce jour ?
Cancer, cesseras-tu de ronger ma cervelle ?
Mon sang, mon souffle, mes muscles et mes os ?
Mes forces disparues, à plus rien ne s'attèlent.
Comment te reverrai-je, au coin de cette rue ?
Souffriras-tu, mon coeur, de mes nouvelles peines ?
Nos langues sauront-elles encore dire un bonheur ?
Saurons-nous sussurer des mots doux, des 'je t'aime'
Ta main sur mon épaule, et mêlées nos haleines ?
Nous voudrons-nous frivoles devant tant de malheur ?
Dociles serons, patients, forcés de respirer encore;
Lents à poser nos pas, mesurant dès l'aurore,
Les ans qui nous séparent de l'heure de notre mort;
Ainsi entremêlés de conquêtes nouvelles,
Nous livrerons encore de sceptiques humeurs,
Des espoirs incertains de tendresse et de sel,
Des combats de tous temps, des aveux fatigués.
L'hydre de nos chagrins nous survivra à peine;
Ferons nos joies briller comme des feux follets,
Et nous irons, grandis comme des sémaphores,
Jusqu'à glisser nos pieds à l'aune du cercueil.
G Le Berre 15 04 07
09:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
très beau mais très triste, un coup de cafard ?
Ecrit par : georges | vendredi, 27 avril 2007
oui, peut-etre; toutefois, la création artistique lève un peu le
voile sur des thématiques, parfois inconscientes ou inavouées.
On peut 'assumer' à peu près bien, et etre par ailleurs angoissé ou inquiet;
ou alors c'est un parti-pris d'esthétisme noir;
Tu passes quand, au fait ?
J' ai un petit cadeau pour toi (tu devines ..)
merci pour le commentaire biz glb
Ecrit par : Gildas LE BERRE | vendredi, 27 avril 2007
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