jeudi, 26 janvier 2006
Mariage homosexuel
Mariage homosexuel: un clivage gauche-droite bien enraciné --par Nathalie Schuck--
![]()
AP | 25.01.06 | 19:54
![]()
PARIS (AP) -- Mariage gay, homoparentalité, PACS: si les élus de droite freinent des quatre fers sur l'union civile et l'adoption pour les couples de même sexe, la gauche promet des réformes ambitieuses pour 2007. Voici un petit rappel de la position des différents partis sur ces questions sensibles, alors que la mission d'information de l'Assemblée sur la famille remet son rapport jeudi:
A l'UMP, faute de position officielle, on oppose pour l'heure un veto au mariage et à l'adoption par les couples homosexuels. "Une très très large majorité de l'UMP est attachée au principe fondamental du droit de la filiation, qui est un père, une mère, un enfant et donc qui est défavorable au mariage et à l'adoption par les couples de même sexe", explique la porte-parole Valérie Pécresse, par ailleurs rapporteur de la mission famille.
Peu disert sur le sujet, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy s'était dit "opposé" à l'ouverture de ces droits en mai 2004. Dominique de Villepin n'y est "pas favorable à titre personnel". Ces jours derniers, quelque 190 parlementaires UMP et UDF ont paraphé un manifeste pour s'y opposer. Vendredi, le collectif "Maires pour l'enfance", qui compte 11.762 signataires, a aussi publié une liste de 50 "grands signataires" hostiles, pour l'essentiel de droite.
A l'UDF, on reste circonspect. Ainsi François Bayrou n'est-il "pas favorable à l'adoption par des couples homosexuels", mais observe une "grande prudence". Quant au mariage gay, "le débat est ouvert au sein de l'UDF comme au sein de la société" car "derrière la question du mariage, c'est la question du droit à l'enfant qui est ouverte", explique le porte-parole du parti, François Sauvadet.
Au PS, la tonalité se veut radicalement différente. "On est pour le mariage pour les couples homos" et "il faut que ce soit le même", plaide Adeline Hazan, chargée des questions de société. De même, "il faudra une réforme législative" pour "ouvrir le droit à l'adoption" aux couples de même sexe, ajoute-t-elle. Des promesses que le PS veut lancer dès 2007.
"C'est une question de courage politique et de choix. En 1981, une majorité de Français était pour la peine de mort", rappelle Alexandre Carelle, président de l'association Homosexualités et socialisme, proche du PS. Lionel Jospin, lui, a dit "non" au mariage comme à l'adoption homosexuels en mai 2004.
Au PCF, la réflexion est encore plus avancée. Le 9 novembre, la secrétaire nationale Marie-George Buffet a déposé une proposition de loi pour autoriser le mariage gay. Et "il faudra bien qu'il y ait une reconnaissance de la famille homoparentale avec les mêmes droits", ajoute Richard Sanchez, président de la Commission "Libertés, démocratie et lutte contre les discriminations" du PCF.
Sur l'adoption, cet élu communiste est ainsi favorable à ce que l'orientation sexuelle ne puisse plus être un motif de refus d'agrément ou à l'ouverture du droit à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes. Il est en revanche "formellement opposé" à ce que les couples d'hommes aient recours à des mères porteuses, de crainte d'une "marchandisation des organes".
Les Verts, eux, militent de longue date pour l'évolution des droits des couples homosexuels et avaient soutenu le mariage homosexuel célébré par Noël Mamère à Bègles en juin 2004.
Quant au Pacte civil de solidarité, mis en oeuvre en 1999 par le gouvernement Jospin, tous ou presque plaident pour son amélioration. En 2002, Jacques Chirac avait reconnu qu'il ne résolvait pas "tous les problèmes" en matière de logement ou de succession. Le 12 septembre, Dominique de Villepin avait jugé "tout à fait légitimes" des aménagements. Un rapport d'experts a même été remis au ministère de la Justice en avril 2004. Sans suite, pour l'heure. AP
00:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


